Après avoir vu beaucoup de reportages sur la pollution créée par l’industrie de la mode, je ne pouvais plus regarder mes vêtements autrement que comme une poubelle. Nos vêtements sont en grande partie faits de fibres synthétiques, qui sont beaucoup moins chères à produire que les fibres naturelles. Chaque fois que nous lançons un cycle de lavage dans notre machine, nous relâchons des particules de microplastique dans la nature – 500 000 tonnes par an dans le monde entier. Ce sont des particules que nous trouvons maintenant partout, même dans notre eau potable.

Le microplastique se trouve également dans les parcs naturels – dans des endroits jamais visités par l’homme – et tombe littéralement du ciel avec l’eau de pluie. Rien n’est épargné. Chaque adulte ingère une quantité de plastique équivalente à une carte de crédit par mois. Et nous n’avons pas assez de recul pour savoir quel effet cela peut avoir sur notre organisme. En tout cas, nous ne pouvons pas y échapper. Même les bébés qui naissent ont déjà du microplastique dans leur corps.

J’ai déjà écrit un article sur ce sujet – et je vous y renvoie – j’y décrivais toutes les horreurs de l’industrie de la mode, mais ce n’est pas le sujet que je veux aborder aujourd’hui :

Nos vêtements – la plus grande pollution mondiale et 6 moyens de la stopper

Consommateur « raisonnable » est un oxymore.

Personnellement, je me considérais comme une consommatrice « raisonnable ». Mais c’est en nettoyant mon placard que j’ai découvert la quantité de vêtements achetés et destinés à n’être porté qu’une ou deux fois seulement. Je n’ai jamais fait attention au pourcentage de fibres synthétiques dans la composition de ces vêtements.

J’ai considéré chaque article. Je me souvenais parfaitement du moment de l’achat. Ce n’était jamais un achat « raisonné ». Ce qui m’a frappé, c’est que ce n’était jamais un achat très apprécié non plus. Je ne suis pas rentrée à la maison heureuse, en me disant : « enfin ! Depuis le temps que je cherchais cette robe qui me va si bien »… Loin de là. C’est terrifiant à admettre, mais chaque achat était juste destiné à combler un petit « trou » émotionnel ressenti le jour même.

4 pièges de l’achat compulsif – et comment les éviter

On est accro au shopping.

Après avoir nettoyé mon placard, j’ai créé ma garde-robe minimaliste. J’ai gardé une sélection de vêtements qui me vont parfaitement, dans lesquels je me sens toujours super bien. J’ai décidé que si j’avais envie d’acheter quelque chose, je devais non seulement être satisfaite du vêtement, mais celui-là devra être aussi complètement biodégradable, fabriqué localement et de manière éthique.

Eh bien, malheureusement, j’ai craqué une fois, l’an dernier. C’était après une rupture. Je suis passée devant ma boutique préférée et j’ai dépensé une petite fortune pour une robe, ce qui m’a cette fois-ci fait énormément plaisir… Quelques jours plus tard cela a éveillé une terrible culpabilité, parce qu’elle était faite de fibres synthétiques. Je me sentais mal. Je me suis dit que je devais cesser de traiter les vêtements comme des « pansements » sentimentaux. Je me répétais : « Ce que tu viens d’acheter, c’est de la pollution, c’est un « feu vert » que tu viens de donner à l’industrie de la mode pour créer d’autres vêtements à cause de ton achat ». J’ai décidé de prendre une décision radicale : de ne pas acheter de vêtements pendant un an, afin de comprendre que l’achat de vêtements ne devait pas être le remède à tous mes problèmes.

5 étapes pour créer une garde-robe minimaliste

Voici les « défis » que j’ai rencontrés cette année et comment je les ai surmontés :

1. Soldes

Quand j’ai décidé de faire un an sans achat, c’était juste quelques semaines avant les soldes d’été. Je savais que même si ma motivation était grande, la tentation peut être encore plus puissante. Ma solution a été radicale, pendant les soldes je me suis interdit de marcher aux abords des magasins que j’apprécie. Je me suis désabonnée de toutes les newsletters de mode, je fermé mes comptes dans les sites de boutiques pour ne pas obtenir d’offres promotionnelles. Ce n’était pas un période facile, parce que je pensais : « et si les marques qui fabriquent des vêtements entièrement écologiques et biodégradables font des soldes en ce moment, ça serait con de les manquer, parce que ces vêtements sont généralement très chers ». Mais j’ai résisté et j’ai simplement évité de regarder les sites dédiés aux vêtements. Et je dois admettre que de ne pas regarder de choses liées à la mode m’ont poussé à regarder des choses plus intéressantes. C’est fou combien de temps la mode prend dans notre vie. Je ne savais pas que j’aurais autant de temps pour lire tant d’articles intéressants.

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2. Changement de saison

C’est tellement ancré dans notre culture : chaque saison, nous avons envie de changer toutes nos vêtements. En plus il y a toujours des nouvelles collections dans les boutiques. Elles sont toujours si attrayantes. Surtout quand vous voyez dans les magasins les premières robes de printemps entre les vêtements d’hiver qui sont habituellement assez gris. C’est comme voir les premiers perce-neiges. Les blancs sont si blancs, les couleurs si belles. Nous sentons dans nos tripes que si nous mettons cette robe, nous allons nous sentir comme une nouvelle personne. Et c’est ce que l’on cherche chaque fois que la saison change : du renouveau – devenir quelqu’un d’autre. En hiver, nous recherchons des vêtements super doux, au printemps les plus lumineux.
Ma solution était très simple : je suis rentrée chez moi, j’ai sorti du placard tous mes vêtements de printemps. J’ai essayé chaque pièce. J’ai fait des ajustements. Puis j’ai bien lavé chaque vêtement, je les ai repassé. J’ai appliqué des soins sur les chaussures, les sacs à main. C’est impressionnant de voir comment un vêtement bien nettoyé et vraiment bien repassé change son rendu. Tout d’un coup, il s’est avéré que j’avais de belles pièces dans mon placard, sauf que lorsqu’elles sont rangées pour une saison, enfermées, serrées parmi d’autres vêtements, elles perdent de leur éclat. Elles ont besoin de bons soins.

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3. Les copines qui achètent de nouvelles pièces

Nous le savons tous : une femme habillée en vêtements neufs a toujours l’air rayonnante. Et bien sûr nous avons l’impression que c’est le vêtement qui la rend belle. En fait, c’est une toute autre chose. Lorsque nous achetons une nouvelle pièce de garde-robe, nous avons un grand désir de la mettre en valeur. Tout d’un coup, on réfléchit à ce qu’il faut associer avec et quelles chaussures rendront notre silhouette plus attractive. Nous préparons une belle coiffure, nous nous maquillons deux fois plus soigneusement que d’habitude. Eh oui, tout à coup ça claque !

J’ai décidé que, dorénavant, je ferai la même chose, mais avec mes vêtements « quotidiens ». J’ai donc appris à bien assembler mes tenues, à apprendre à bien choisir les chaussures qui rehaussent ma silhouette. En ne dépensant pas d’argent en vêtements, j’ai investi mon temps et mon énergie dans les soins de peau et de cheveux. Un maquillage discret, des bijoux délicats, des vêtements propres et bien repassés, du bon parfum, des chaussures bien cirées et nous sommes aussi rayonnantes que nos copines avec leurs nouvelles pièces. L’autre avantage, c’est que le lendemain quand notre amie portera un de ses « vieux » vêtements, elle ne sera pas aussi brillante que la veille alors que nous resterons rayonnantes dans la vie quotidienne.

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4. Une déprime passagère

Cela nous arrive à toutes de temps en temps : une mauvaise journée ou une suite de jours gris et tristes. Mon remède contre ces moments-là était simple : une escapade dans les boutiques. Or, ce n’était pas nécessairement la meilleure issue. Parfois, cela pouvait me déprimer encore plus, notamment quand je ne trouvais rien qui me plaisait. J’ai ainsi appris à guérir mes malheurs d’une manière complètement différente. J’ai appris à analyser où se situe exactement le problème. Si je commence à me sentir mal dans ma peau, je m’offre pour un week-end des soins à domicile ou un traitement au spa, si je peux me le permettre. Si c’est le stress au travail, je parle à quelqu’un qui peut m’aider – mon chéri, une amie, un collègue… Si je me sens fatiguée, je vais essayer de passer du bon temps avec mes proches ou partir dans la nature.

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5. Un désir de séduire

Oui, c’est normal, on veut toujours plaire et séduire. Peu importe que l’on soit en couple ou célibataire. Nous voulons être beaux pour la personne que nous aimons ou qui nous plaît. Et bien sûr, une nouvelle robe est une solution de la facilité, parce qu’avec de nouveaux vêtements nous avons l’impression d’être une nouvelle version de nous-mêmes. Pour rappel, c’est juste une impression. Si l’on souhaite vraiment plaire à quelqu’un, si on veut le séduire, on n’a pas à dépenser une fortune pour de nouveaux vêtements. Il suffit de s’embellir de l’intérieur. Je sais, cela sonne comme un cliché. Et je ne dis pas non plus qu’il ne faut pas bien s’habiller. Je veux simplement dire que nous n’avons pas forcement besoin de nouveaux vêtements. Simplement, un nouveau passe-temps, une nouvelle connaissance, un nouveau centre d’intérêt, toutes ces choses qui nous font vibrer nous rendent très attirantes. Nous pouvons devenir une « nouvelle » version de nous-mêmes avec une « mise à niveau » intellectuelle. Même si votre chéri vous voit dans les robes des plus beaux designers, mais avec la même personne qui n’avance pas dans sa vie, qui n’a pas de passions, dont les yeux ne brillent pas, il ne remarquera même pas vos « déguisements ». Laissez-vous porter par vos passions et vous serez toujours très attrayante. Dès que nous sommes passionnés par quelque chose, nos yeux brillent et on devient très séduisantes.

Un nouveau défi : acheter sans culpabiliser

Cela fait plus d’un an que je n’ai pas acheté de nouveaux vêtements. En attendant, j’ai fait un bon travail de recherche de boutiques offrant des solutions 100 % écologiques – les matières premières et la collection sont créées localement. Mes tissus de prédilection sont le tencel, le lin et la laine – même si ce n’est pas « végan » je ne privilégie que les produits qui traitent les animaux de façon éthique. Cette saison, je n’ai pas « besoin » de nouveaux vêtements. Les miens sont toujours aussi beau que l’année dernière. Je me sens à l’aise dans ma propre peau et j’ai gagné en confiance en soi. Je sais qu’un beau pull d’hiver me servirait bien et ça fait déjà un mois que j’essaie de me « forcer » à l’acheter. Je me suis tellement habituée à ne pas ajouter de vêtements à ma garde-robe que désormais je dois presque faire le travail inverse, je dois me convaincre que je peux le faire, surtout si c’est un produit écologique et zéro déchet.

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