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Les pierogis – c’est une sorte de ravioli, mais en version plus grande. Ceux que je vais vous présenter aujourd’hui ne sont pas encore mes préférés (en réalité mes favoris sont farcis aux pommes de terre, oignon et fromage blanc – ou plutôt faux fromage blanc, si vous êtes végétalien). Aujourd’hui je vous ferai une version farcie au chou lacto-fermenté et aux champignons. Et ce qui est le meilleure avec la recette que je vous propose : on fait deux plats en même temps. Nous allons faire une choucroute et des pierogis. Et croyez-moi, les deux plats sont délicieux et en plus diététiques.

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Est-ce bizarre d’aimer une seule chose

Je suis le genre de personne qui a des plats favoris – le genre de plats que je pourrai manger tout le temps et même si on me le adonnait à manger chaque jour pendant plusieurs mois je serais toujours heureuse. Oui, oui, pendant des mois. (Croyez-moi je n’exagère pas, vous devrez me voir durant la saison des pastèques, je m’en nourris matin, midi et soir).

Apparemment c’est rare comme « maladie », d’habitude les gens disent «j’aime tout… j’aime la diversité… je ne veux pas me priver des expériences… j’aime différents goûts… c’est ennuyeux… il faut être ouvert a tout »… etc., etc.). Et ben, moi, j’ai des choses que je peux manger tout le temps. Je suis fidèle, je m’ennuie pas facilement. Et même si j’adore goûter des nouveautés, j’ai des plats qui seront gravez pour toujours dans mon cœur, et rien ne les remplacera.

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Manger le même plat chaque jour pour créer les bonnes souvenirs

J’ai l’impression que c’est un grand défaut de notre société moderne, cette envie de tout goûter, de tout avoir, de ne pas s’arrêter et se concentrer sur les choses qui nous font plaisir. J’ai l’impression qu’on vit dans un monde ou s’attacher aux objets, goûts, endroits ( …les gens) est considéré comme un défaut. J’ai un souvenir de vacances passées en l’Ile de Ré chez une amie. Nous avions trouvé une pizzeria, à 20 minutes en vélo de chez nous (oui, les « veg » ne mangent pas de poisson), on a mangé là-bas plusieurs fois et a chaque passage là-bas elle a toujours goûté une nouvelle pizza et moi je prenais toujours la même. Cela l’a mettait particulièrement mal à l’aise (pour ne pas dire « énervée »), elle me rapprochait que mon attitude montrait mon manque de courage dans la vie. Etonnée je lui ai répondu qu’au contraire : ma vie est tellement rempli des surprises et décisions imprévisibles, que j’aime garder certaines habitudes stables. Et oui, j’ai adoré cette pizza, à chaque fois que nous avons pris la décision d’aller déjeuner là-bas j’avais déjà les papilles remplies de son goût, mon plaisir a duré plus de temps que le sien, je chérissais ces moments beaucoup plus longtemps. Ce plaisir dure même jusqu’à maintenant, car quand je pense à Ile de Ré et le vélo, j’ai le goût de « ma » pizza dans ma bouche.

Bon, ça suffit avec ces parenthèses pseudo-philosophiques, revenons vers l’essentiel : les pierogis, c’est le plat que j’aime… entre autres (dans ce panier j’ai aussi les pâtes, le curry vert, la pastèque et quelques autres que je partagerai ou j’ai déjà partagé avec vous).

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Les pierogis farcis au chou (lacto-fermenté)

Ingrédients :

La base pour les deux plats:chou-lacto-fermente-1

Du chou lacto-fermenté (pas cuit) – on l’achète dans les magasins bio
Des cèpes séchés
Des champignons frais (à votre choix, champignons de Paris, ou autres)
De l’oignon (1 grand ou 2 petits)
Du laurier (2 feuilles), du poivre, du sel, du gingembre moulu, 3-4 baies de piment de Jamaïque (si vous n’avez pas vous pouvez utiliser les baies de genièvre)

 

Uniquement pour la choucroute :

Des prunes séchées
Du vin blanc (ou alcool du genre porto, prune, poire, etc.)
Un bocal des tomates concassées (ou au pire des cas le concentré de tomates mélangé avec de l’eau)
De la marjolaine (du thym – au cas où vous ne trouverez pas la marjolaine), du cumin

 

Pate des pierogis :

De farine (à votre choix, moi j’utilise la farine complète)
De l’eau chaude
Du sel

Préparation :

Étape 1 – la « base » pour deux plats 

  1. On coupe l’oignon en petit dés, on le fait cuire dans l’huile jusqu’à ce qu’il devienne clair, puis on ajoute les champignons frais coupés en petits morceaux et on les laisse cuire (les champignons dégageront beaucoup d’eau, on la laisse s’évaporer).
  2. Quand les champignons commencent à être bien réduits on ajoute les champignons secs coupés en morceaux (préalablement trempés – et on garde l’eau dans laquelle on les a trempé).
  3. On fait sauter tout ensemble durant 2-3 minutes.
  4. Puis on ajoute notre choucroute (si elle a beaucoup de liquide, c’est préférable de l’égoutter (et si vous avez le courage vous pouvez boire le liquide – car c’est une bombe de vitamine C – en Pologne on dit aussi que c’est un bon remède contre la gueule de bois – mais je ne connais personne qui l’a testé – il en faut du courage, je crois).
  5. Pour bien cuire notre choucroute on ajoute de l’eau, mais pour que le goût soit plus intéressant, on ajoute l’eau dans laquelle on a trempé nos champignons (faites attention, au fond du bocal il reste toujours un peu du sable, il faut verser ce liquide doucement, on n’a pas envie que ça grince entre les dents). Une fois que notre préparation est couverte d’eau on ajoute le laurier, le poivre, le sel, le gingembre, et le piment de Jamaïque.
  6. On cuit pendant environ 30 minutes, sur le feu doux, jusqu’à l’évaporation du liquide. A la fin n’oubliez pas de sortir le laurier et les baies de Jamaïque (on n’a pas envie non plus de les cracher quand on dévore nos plats).

Étape 2 – on continue la choucroute

  1. Nous séparons notre choucroute en 2 parties : on garde un petit bol pour nos pierogis (on peut les hacher finement) et dans ce qui reste on ajoute du vin, des tomates concassées en conserve et un demi-cube de bouillon des légumes (si vous l’avez à la portée de main).
  2. On ajoute les prunes séchés, hachées légèrement et une cuillère à café de marjolaine (si vous ne l’avez pas – le thym fera l’affaire) et du cumin en poudre.
  3. On couvre notre préparation avec de l’eau et on la laisse cuire au feu très doux pendant environ une heure. (N’oublions pas d’ajouter régulièrement de l’eau, car elle s’évapore rapidement – il faut qu’on garde notre choucroute bien trempée).

 

Étape 3 – les pierogis

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  1. La pâte à pierogis est très facile à faire. Dans un grand bol on verse 2 verres de farine, une pincée de sel et on ajoute un verre d’eau bien chaude (pas bouillante) – et on fait la pâte avec nos mains (moi j’utilise les gants, on ne passe pas des heures après à essayer d’enlever la pâte de nos ongles). Au debout notre préparation sera très collante, puis elle formera une boule homogène. En fait il n’y a pas des « proportions » exactes pour des pierogis, tout dépend de votre farine, si ça colle toujours, ajouter un peu de farine, si par contre ça ne veut pas former une boule cohérente – ajouter un peu d’eau (toujours chaude).
  2. Une fois la boule formée, on procède vers la dernière étape : collage des pierogis. Tout d’abord avec le rouleau de pâtisserie on aplatie notre pâte finement, et on coupe des rondelles a l’aide d’une tasse.
  3. On prend chaque rondelle a la main, au centre on pose un peu de notre farci de chou et champignons (laissez les bords propres), on plie notre raviole en moitie et on colle les bords. Et ainsi de suite.
  4. La cuisson est ultra rapide : il nous faut de l’eau bouillante salée, on ajoute quelques pierogis, elles vont tomber en bas de la casserole, et au bout d’une minute elles apparaîtront a la surface, et a partir de ce moment précis on compte une minute et on les égoutte.
  5. On peut les manger tout chaud… et si on a fait trop ou on a envie de les manger plus tard il suffit de les mettre dans de l’eau froid pour une minute (comme ça on va pouvoir les garder sans qu’elles se collent entre eux). Pour moi le summum de bonheur c’est de les réchauffer sur la poêle avec de l’huile (cette version est loin d’être diététique – mais bon sang, quel délice, croustillant a l’extérieur, doux a l’intérieur… mniam, mniam).

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Conseils :
  1. Si votre choucroute à un goût légèrement acide (ça dépend de votre chou) vous pouvez ajouter une cuillère de sucre (ou stevia).
  2. La choucroute est vraiment meilleure quand elle est réchauffée après une nuit passée au frigo, ou encore plus meilleure réchauffée deuxième fois, après deux nuits au frigo, ou encore encore meilleure âpres troisième réchauffage – vous avez compris le principe : plus vous la réchauffez, meilleure elle sera (perso, je ne suis jamais arrivée au stade de troisième réchauffage, je la dévore trop rapidement)
  3. Les pierogis – vous pouvez les faire en forme plus petite, comme raviolis ou tortellinis et vous pouvez les ajouter dans de la soupe (c’est délicieux dans une soupe de courge ou de champignons)
  4. Choucroute et pierogis se gardent dans le congélateur, donc si vous considérez que vous en avez fait trop (une notion qui n’existe pas dans ma maison) vous pouvez les congeler. Pour les réchauffer – il suffit de les faire directement dans la poêle.

 

Bon appétit