À l’époque où je travaillais dans un journal quotidien, il nous arrivait d’avoir des journées creuses. Pour trouver un sujet intéressant, il fallait être vraiment créatif. J’ai trouvé un petit truc. J’ai découvert que chaque jour est le jour de quelque chose. Nous avons une journée des baisers, une fête des chats et une journée de ceux qui mangent sous l’évier – je vous jure que ça existe. Dans mon agenda, j’ai noté entre 3 et 5 « fêtes » atypiques célébrées en Pologne ou ailleurs pour chaque jour. C’était très utile pour les fois où il ne se passait pas grand-chose. Une fois, on est tombés sur « une journée sans acheter ». Cela a créé un débat dans la salle de rédaction et nous nous sommes dit : facile, un jour… Nous avons donc décidé de faire une journée sans rien dépenser. Puis, frustrés par cette seule journée, nous avons décidé de pousser l’expérience à une semaine. Quand j’y pense, je me dis qu’on a vraiment dû s’ennuyer.

Une envie irrésistible d’acheter des chose

Les deux premiers jours ne furent pas si difficiles, mais bientôt la situation commença à se compliquer. Il n’y a rien dont on a manqué… mais c’était très bizarre de ne pas céder aux petites envies : une glace ou un paquet de chewing-gum (parce que nous avions laissé les nôtres sur le bureau)… D’ailleurs, tout à coup, tout est devenu intéressant, attirant, irrésistible. Les magazines hebdomadaires dans le bureau de tabac n’ont jamais semblé plus captivant que cette semaine. Cela faisait presque mal de ne pas les acheter sur place. Nous étions comme des drogués en désintox. Pourtant, ces choses ne nous étaient pas « interdites ». Les magazines que je n’ai pas achetés, je les ai lus le jour-même chez une amie, mais tout de même – l’inconfort est resté. C’était terrifiant de constater que nous avons commencé à ressentir un véritable malaise psychologique, seulement parce que nous avions des pulsions que nous ne pouvions plus assouvir. Nous ne sommes pas sortis fiers de cette expérience et nous avons tous craqué à la fin de la semaine, collectivement… Pour justifier – c’était pour passer du temps ensemble. On avait surtout l’habitude, après le bouclage du numéro du week-end, d’aller tous dans un bar ou à un concert boire quelques bières..

Petits achats quotidiens qui vident nos comptes bancaires

Personnellement, cette expérience m’a poussé à creuser un peu plus dans ma vie. Il était désagréable de se rendre compte que probablement la moitié de mes achats étaient le résultat d’une pulsion – il était cependant beaucoup plus facile de faire cette observation en regardant la composition de mon placard. Mais depuis cette expérience, j’ai décidé de reprendre le contrôle sur la façon dont je dépensais l’argent, pour surtout ne pas le laisser me glisser entre les doigts pour des choses sans importance. J’ai décidé de sortir chaque semaine une somme d’argent que je considérais largement confortable pour vivre et sortir avec des amis. J’ai également arrêté d’acheter sans réfléchir.

4 pièges de l’achat compulsif – et comment les éviter

Changer la relation à l’argent change la vie

Une fois que j’ai appris à m’adapter à mon nouveau budget « limité », j’ai décidé d’aller plus loin –parce que, je l’avoue, j’ai constaté un résultat positif sur mon compte bancaire. J’ai décidé de mettre une somme d’argent par mois directement sur mon compte. D’ailleurs dans ce but, j’ai ouvert un compte secondaire, un compte de dépôt – sans la CB – juste pour mettre de l’argent de côté. J’ai limité mes dépenses un peu plus, sans pour autant changer beaucoup de choses dans ma vie – il fallait donc être vraiment « créatif » pour poursuivre une vie sociale aussi riche qu’avant. Grâce à ces changements, un an plus tard, quand le temps est venu de me demander si je continuais au journal ou si je devais partir, ces économies m’ont permis d’aller à Paris et de passer mon diplôme en EHESS. Mais en réalité, ce n’est pas seulement l’argent qui m’a permis d’aller à Paris pour continuer mes études, mais le fait que je sois devenue vraiment débrouillarde. J’ai découvert que le monde n’était pas toujours réglé par l’argent… En même temps, je suis devenue plus connectée avec les gens – et cela aide beaucoup dans la vie.

Minimalisme dans la vie quotidienne – 8 moyens de vivre sans dépenser plus que nécessaire

Il faut avoir un rêve

La partie la plus importante pour arrêter de vouloir dépenser de l’argent est d’avoir un rêve, un projet que vous voulez réaliser. Ainsi, l’argent devient un « véhicule » pour atteindre la destination et non la destination elle-même. Et même si vous n’avez pas un rêve précis tout de suite, le jour où il se cristallise, c’est rassurant d’avoir les moyens de le réaliser.

Demain je vais publier un article (cliquez ici) qui explique point par point comment faire pour se détacher de pouvoir de l’argent et gagner plus d’indépendance dans la vie.

Voici quelques autres articles au sujet de minimalisme dans la vie quotidienne:

http://veglamour.com/minimalisme

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