Les 7 arnaques des voyages lointains
Les 7 arnaques des voyages lointains
Les 7 arnaques des voyages lointains

Je dois faire mon mea culpa, au cours des 10 dernières années, j’ai certainement pris trop d’avions et j’ai voyagé trop loin. Je sais que je ne peux rien faire pour réduire l’empreinte carbone que j’ai laissée sur ces voyages. J’étais végétarienne, maintenant je suis végétalienne et j’ai utilisé cela comme une belle excuse pour prendre l’avion. En fait, je pensais que je faisais déjà quelque chose pour la planète. Mais ce n’était que la pointe de l’iceberg. Nous aimons nous acheter une bonne conscience, pensant que nous faisons déjà des efforts… Mais la protection de l’environnement ne doit pas être considérée comme un « effort », mais comme un changement de vie, normal et naturel. Le jour où j’ai décidé d’arrêter de voler, j’ai réalisé qu’en réalité je n’aimais pas tant que ça les longs voyages.

7 raisons pour lesquelles je ne regrette pas les destinations lointaines pour les vacances

1) Fatigue liée au décalage horaire.

Je sais que certaines personnes peuvent ne pas y être sensibles. Mais si mon corps ressent une différence de 8 heures (quelle que soit la direction des aiguilles de l’horloge) pendant au moins une semaine, je me sens comme si j’étais éveillé au milieu de la nuit. Je dois presque me gifler pour ne pas m’endormir durant les journées. Ce qui veut dire que la première semaine, même si je visite quelque chose, je ne me souviens de rien. Je me sens comme dans un rêve : tout est étrange et rien ne me surprend. Cela signifie que les endroits que je visite ne m’impressionnent pas autant qu’ils le devraient parce que je pense être au milieu d’un rêve. Ah ! Et même si pour le reste du voyage je suis en meilleure forme, quand je rentre chez moi, l’histoire se répète. Je suis dans le brouillard une semaine après mon retour.

2) Les changements de température.

C’est peut-être juste moi, mais mon corps ne s’adapte pas bien aux grands changements de température. Mon origine dans le nord de la Pologne ne m’aide certainement pas dans ce domaine. J’ai grandi dans un climat tempéré (pour ne pas dire « frais ») et de telles conditions sont nécessaires pour que mes fonctions vitales restent stables. J’ai besoin d’un changement graduel de température – il me faut tout le printemps pour me préparer à l’arrivée d’un été chaud… et encore… Je ne suis pas toujours aussi prête que je devrais l’être. Mais être au milieu de l’hiver et se retrouver soudainement dans un pays chaud avec une différence de température de plus de 30 °C en quelques heures, ce n’est pas très naturel pour moi. Et si l’on ajoute la climatisation dans les hôtels, j’attrape un froid plus qu’impressionnant.

3) Nous ne découvrons pas une nouvelle culture.

Bien sûr, nous pouvons remarquer certaines différences dans les comportements. Mais lire quelques pages du guide avant de partir en voyage et observer les gens autour de nous ne fait pas de nous des anthropologues. Nous ne comprendrons pas les subtilités d’une autre culture en seulement quelques jours/semaines. N’oublions pas que la moitié des gens que nous rencontrons sur notre chemin sont des gens qui travaillent dans le secteur du tourisme et qui essaient de s’adapter à nos besoins. Au contraire, c’est plus souvent nous qui dérangeons les gens d’autres pays par notre ignorance de la bonne conduite. Si notre but est vraiment de découvrir une autre culture, alors il y a un moyen connu : les livres anthropologiques ou les romans écrits par des écrivains de ces pays. Les films peuvent aussi servir le même objectif. Et nous n’avons pas besoin de passer 12 heures à voyager pour le faire. Vous pouvez facilement les lire sur la plage où nous pouvons aller en train.

4) L’illusion d’être un bon photographe.

Et non, nous ne devenons pas de bons photographes non plus. Être à des milliers de kilomètres de chez nous ne fait pas de nous (comme après un coup de baguette magique) des photographes professionnels. Je dois avouer que moi-même je me suis aussi prêtée à ce jeu, croyant que je pouvais prendre de belles photos. J’ai une mauvaise nouvelle, si on n’est pas un artiste, on n’en est pas un. Et photographier le même sujet que des milliers d’autres personnes du monde entier devient ennuyeux. Même si nous essayons de trouver l’angle « original », nous pouvons rapidement constater qu’il y a des centaines de photos similaires sur Instagram, souvent meilleures que les nôtres. Oh, et n’oublions pas : nos amis ne veulent pas voir nos 5000 photos prises pendant notre voyage d’un mois. Et un clin d’œil à certains : si vous prenez une photo « artistique » d’un « flou » et que vous dites : prise à Saigon, été 2015… Pour les autres c’est juste un « flou ». Et on s’en fout.

5) Planning trop serré.

Certains se disent qu’en voyageant loin ils sont en train de créer plus de souvenirs qui seront gravés dans leurs mémoires pendant toute leur vie. Non, nous ne créons pas plus de souvenirs si nous sommes loin. Notre mémoire a exactement la même capacité, que nous soyons à 100 km de chez nous ou à 10 000 km de chez nous. Aussi, d’après ma propre expérience, je peux dire que j’ai beaucoup plus de bons souvenirs de mes voyages « locaux ». Tout d’abord : aéroports et avions, ce n’est pas une expérience vraiment sympa (je fais 182 cm et je dois tout « plier » pendant quelques heures). Deuxièmement, le décalage horaire et les différences climatiques me fatiguent tellement que je me souviens à peine de la moitié de mon séjour. Troisièmement, nous exerçons des pressions pour « toujours » visiter quelque chose, puisque nous sommes si loin, nous ne devons pas perdre de temps. Et parfois, après 10 temples d’affilée, on oublie la beauté de la moitié d’entre eux. Nous n’avons pas vraiment beaucoup de moments de repos pour que les souvenirs puissent entrer dans nos têtes et nos cœurs. Et si nous ajoutons à cela la grande fatigue, nos souvenirs ne sont même pas si agréables.

6) L’illusion du voyage qui nous change.

Non, voyager dans des pays lointains ne nous « enrichit » d’aucune manière particulière. Nous ne sommes pas des « explorateurs »… Sauf si vous êtes vraiment un chercheur et que vous allez partir pendant un an pour faire des recherches anthropologiques ou historiques, etc. Oui, dans ce cas, votre voyage vous enrichira, non seulement vous-mêmes, mais aussi le reste de l’humanité. Mais voyager en avion vers un pays qui nous sert de grand club de vacances privé ne fait pas de nous des voyageurs. Nous sommes des touristes. Nous ne pouvons pas dire que ce genre de vacances nous sert d’expérience transcendante. Et si nous voulons voyager pour changer les choses dans notre « monde interne » – bah… nous devons faire un voyage « interne ». Pas besoin d’être dans la jungle en Amazonie pour ça.

7) On ne passe pas plus de temps de qualité ensemble.

Un planning serré, trop de chose à voir, la fatigue et la pression de passer des bons moments (puisque on est si loin et que ça nous a coûté un bras) ne nous rapproche pas l’un de l’autre. Pour moi, la meilleure expérience est de voyager en train (ok, j’avoue que parfois c’est un voyage en voiture). Il n’y a rien de mieux que d’avoir beaucoup de temps de qualité et beaucoup de sérénité pour profiter de longues journées avec des personnes chères à notre cœur. Et nous n’avons pas besoin de parcourir quelques milliers de kilomètres pour marcher dans la nature, voir des choses merveilleuses, découvrir une culture différente, vivre des expériences humaines très fortes. Tout est à notre portée. La seule chose qui nous empêche de profiter d’un séjour « local » est notre « ego » et notre besoin de nous comparer aux autres.

Et vous en êtes ou? Êtes-vous prêts de privilégier les voyages locales pour le bien-être de la planète? N’hésitez pas à laisser un commentaire.

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