D’aussi loin que je me rappelle, j’ai une relation très compliquée avec la nourriture. Quand j’étais enfant, j’étais super « sélective », j’avais une liste (aussi longue qu’un bras) de plats que je n’aimais pas. Aussi, je ne mangeais pas beaucoup et cela ouvrit la porte à l’anorexie qui m’accompagna toute mon adolescence. Heureusement, cette période est loin derrière moi, bien que je doive admettre que ma relation avec la nourriture reste toujours « compliquée ». Mais il y a une chose qui m’est restée jusqu’à il n’y a pas si longtemps : en voyant l’inscription « allégé » sur un produit alimentaire j’ai salivé, c’était mon réflexe de Pavlov.

« Allégé » ≠ rester « en forme »

Comme beaucoup d’entre nous, j’étais convaincue que « light » signifiait « ne t’inquiète pas, tu ne vas pas grossir avec moi ». En fait, nous ne pouvions pas être plus loin de la vérité. L’idée qu’ « allégé » soit synonyme de rester « en forme » vient d’une recherche « sucrément » payée par l’industrie sucrière américaine il y a 50 ans. L’introduction dans les années 1960 d’un régime alimentaire « faible en gras, faible en cholestérol » (avec, d’autre part, beaucoup de sucre) marque l’explosion de l’obésité dans le monde. Il s’avère que l’alimentation « allégée » nous fait prendre du poids au lieu d’en perdre. Et tout a commencé avec le système de comptage des calories… qui n’est pas du tout une science exacte.

Pourquoi tout est faux en calories ?

L’idée de compter les calories dans les aliments a été introduite et popularisée par Wilbur Atwater (1844-1907). Il a décidé qu’un gramme de protéines ou de glucides vaudrait 4 calories et qu’un gramme de matières grasses vaudrait 9 calories. Son principe 4-4-9 est utilisé jusqu’à aujourd’hui pour compter les calories dans les aliments. Sa théorie était qu’une calorie de légume était exactement la même que celle du sucre – peu importe le nombre de vitamines, de fibres et de minéraux présents dans les aliments. Selon lui, chaque calorie donnera à notre corps exactement la même énergie pendant sa combustion. Atwater a ignoré le fait que tout le monde brûle les calories différemment – tout est beaucoup plus personnalisé, dépend de notre matériel génétique et des cultures bactériennes que nous avons dans les intestins. De plus, la cuisson peut augmenter la quantité de calories dans le produit. (Et juste pour info, 20 % des étiquettes de produits ont des estimations approximatives et incorrectes des calories)

Le sucre – une poudre blanche qui nous tue

Ne blâmez pas les graisses pour votre graisse

La plus grande erreur de cette théorie, cependant, a été de croire que seules les graisses et elles seules, entraînent un gain de poids (parce que, selon la théorie, le gras a deux fois plus de calories dans 1 gramme que les protéines et les glucides… y compris le sucre)… Donc la théorie d’Atwater est que si nous éliminons la graisse, nous pouvons doubler la quantité de sucre. En réalité, quand nous mangeons trop de sucre en même temps, l’insuline va le convertir directement en cellules graisseuses ! En outre, ce sera stocké immédiatement dans notre corps (et nous ne serons pas en mesure de brûler cette nouvelle couche avec notre session sportive régulière). Cela fait de la consommation de sucre le moyen le plus rapide pour prendre du poids. Selon la théorie d’Atwater, peu importe la quantité de sucre que l’on consomme, tant que l’on ne dépasse pas la quantité recommandée de calories par jour. Et selon notre corps, si nous mangeons plus de sucre que nous ne pouvons brûler – même si nous mangeons moins de calories que ce qui est recommandé – nous allons grossir.

« Light » – un régime qui nous rend gros

Mais la théorie selon laquelle nous pouvons manger deux fois plus de sucre si nous éliminons les graisses a beaucoup plu à l’industrie sucrière américaine. C’est pourquoi, en 1967, les industriels ont financé et ordonné une étude à l’Université de Harvard pour « prouver » qu’Atwater avait raison. La recherche (conduite de façon complètement contraire à l’éthique) incriminait les lipides (graisses) comme la principale cause de l’obésité… et bien sûr, en exemptant totalement le sucre. Les résultats ont été rapidement présentés au Sénat américain qui a rédigé un décret exigeant l’introduction obligatoire d’un régime faible en gras et en cholestérol… De nombreux pays ont suivi cet exemple et ont adopté les mêmes décrets. Ce régime a également été popularisé par la pop-culture américaine qui se répandait dans le monde entier. Dès l’introduction de ce régime, nous observons une augmentation de l’obésité jamais vue dans l’histoire de l’humanité. Et les scientifiques en conviennent : les deux événements sont strictement liés. L’introduction d’un régime « allégé » a également été suivi d’une explosion du nombre de décès dus à des maladies cardiovasculaires (qui reste la principale cause de décès dans le monde jusqu’à aujourd’hui). Et les analystes sont de nouveau tous d’accord – le lien de causalité avec le régime « léger » est indiscutable.


Ainsi, c’est à cause du calcul des calories et de notre régime alimentaire « light » que nous consommons en moyenne 20 fois plus de sucre aujourd’hui qu’il y a 50 ans. Je vous invite à lire un article bien détaillé au sujet du sucre et de ses dangers sur notre santé.


Et voici les sites internet avec les organisations qui peuvent vous venir en aide si vous ou l’un de vos proches est touché par un trouble alimentaire :

http://www.mda.aphp.fr/
https://www.ffab.fr/

Print Friendly, PDF & Email

This post is also available in: Anglais