On est de plus en plus nombreux à avoir un éveil de conscience écologique à un moment donné de notre vie. Cela peut venir d’un article qu’on lit, d’un reportage ou d’un documentaire. Il y a toujours un déclencheur qui nous ouvre les yeux. Soudainement, on commence à creuser et un nouveau monde s’ouvre à nous. Le problème avec cet éveil est que nous risquons de nous sentir rapidement dépassés par la quantité d’informations. Nous nous sentons mal de ne pas avoir vu les choses avant, nous voulons partager nos connaissances avec d’autres. De plus, sur notre chemin, nous rencontrons des gens – certains plus engagés que nous –, qui nous font parfois culpabiliser, comme si nous ne nous sentions pas assez coupables par ce réveil si tardif. Plus troublant : nous accumulons trop d’informations et nous ne savons pas vraiment par où commencer. Même si nous voulons faire des choses pour l’écologie, nous sommes rapidement noyés dans la quantité d’informations. Nous ne savons tout simplement pas quoi faire.

Il ne faut pas sauter les étapes

Dans tous les cas, il y a des choses à faire et ne pas faire pour assurer une transition harmonieuse vers la vie écologique. Si vous grillez les étapes, vous pourriez vous décourager ou tomber en dépression. Pour l’anecdote, il y a une information qui circule selon laquelle il y a beaucoup de gens dépressifs parmi les végétaliens. Évidemment, des voix suggèrent que le régime végétalien n’est pas assez riche et provoque des déséquilibres causant la dépression. Étant végétalienne depuis 8 ans et végétarienne depuis plus de 20 ans, j’ai un avis sur ce sujet purement personnel et non scientifique, mais je pense que ma théorie tient la route. Je suis convaincue que ce n’est pas la malnutrition qui provoque la dépression chez les végétaliens – bien que je tienne à souligner que ce n’est pas un régime facile, car vous avez besoin de connaissances nutritionnelles pour bien l’équilibrer. Les végétaliens sont des gens qui s’intéressent activement au bien-être des animaux et à l’écologie. Et c’est l’impuissance face au mur de l’ignorance qu’ils rencontrent qui les pousse vers des pensées plus sombres…

Et voici quelques points qui vous aideront à devenir plus écologique sans avoir la migraine.

1. Aller étape par étape

Très souvent, lorsque vous ouvrez les yeux sur l’écologie, vous découvrez des informations sur quantité de sujets. Et il y en a trop : véganisme, microplastiques, zéro déchet, déforestation, pollution de différentes industries… Il y a trop de documentaires intéressants que nous voulons voir tout de suite. Sauf que si on les regarde tous au même moment, on se retrouve avec un mal de tête carabiné. Je vous conseille d’y aller lentement, de vous donner du temps, d’équilibrer l’information et de choisir un sujet après l’autre. Si le premier déclencheur a été le véganisme, faites votre transition en douceur. Et concentrez-vous uniquement sur cela. Nous devons apprendre à ajuster notre niveau de stress. Nous ne devons pas oublier que nous avons notre vie à vivre et que nous avons le droit d’être heureux.

2. Ne pas regarder pas trop de documentaires

Allez-y doucement avec les documentaires, les reportages et les articles. Vous n’avez pas à tout lire et à tout regarder sur un sujet donné. Si vous décidez de bannir le plastique et les fibres synthétiques après un documentaire, tant mieux. Regarder 5 autres reportages sur le même sujet va créer un malaise, réveillera un état d’urgence et un sentiment d’impuissance. Vous avez déjà pris la mesure la plus importante : vous avez changé votre comportement. Si vous voulez changer le comportement de vos proches, regarder plus de documentaires ne vous aidera pas, parce que le ton alarmiste de ces films influencera votre façon de parler. Au lieu de gagner des amis pour votre cause, vous risquez de les brusquer et de les pousser à faire le contraire – si, si ! C’est une réaction étrange chez les gens. Si vous les poussez trop fort, ils font le contraire de ce que vous leur expliquez, même s’ils savent au fond d’eux-mêmes que vous avez raison.

3. Ne pas s’abonner aux pages et aux sites écologiques (pas immédiatement en tout le cas)

La première chose que nous faisons, c’est de nous abonner à des sites qui contiennent des actualités écologiques. Chaque jour, nous sommes submergés par des tonnes d’informations, des centaines de données, des dizaines d’infographies et quelques images choquantes. Et c’est assez stressant. Le mieux c’est de sélectionner d’abord LE site que vous pensez être le moins alarmiste. Il filtrera les informations importantes pour vous. Mesurez l’information qui vous parvient. Non seulement trop d’informations fait mal à la tête, mais elles peuvent aussi nous imposer trop d’exigences pour agir. Tout d’un coup, vous allez vouloir devenir végétalien, zéro déchet, minimaliste et engagé dans les organisations environnementales. Or, ce sont des choses que vous devez bien préparer pour y aller progressivement. Il est préférable de se fixer un objectif réaliste : « Dans un an, je vais me rapprocher d’une vie plus écoresponsable » plutôt que de le faire sans préparation. Il vaut mieux aller lentement et atteindre la perfection recherchée en quelques années plutôt que de se dégoûter de la vie écologique, car du jour au lendemain nous avons tout banni de notre vie et de notre maison.

4. Savoir s’entourer des bonnes personnes

Pour chaque novice, je recommande de ne pas suivre toutes les pages Facebook sur le sujet qui nous intéresse ou rejoindre toutes les communautés. Nous voulons les approcher pour trouver des conseils, de l’aide et du soutien, mais très souvent, à l’intérieur de ces groupes, des gens qui n’ont pas suivi les points précédents agissent en urgence et sont tellement dépassés par le désir de changer le monde qu’ils sont intransigeants envers ceux qui vont lentement ou font des erreurs. C’est triste, parce que ce sont des gens qui ont de bonnes intentions, mais le stress de l’urgence les rend parfois très agressifs. En cherchant du soutien, vous pourriez être confronté à des remarques blessantes. Le pire étant que ce ne sont même pas spécialement les gens de la communauté qui attaquent, mais des gens qui s’opposent à leurs idées. Il faut donc vraiment bien chercher pour savoir vers qui se tourner. Le mieux est de choisir un blog, un podcast ou une chaîne YouTube où la personne nous guidera tout au long de la transition – surtout dans nos débuts.

5. Être indulgent envers soi-même

Lorsque nous commençons la transition vers une vie écologique, nous pouvons avoir des « vagues ». Nous traversons des moments où nous sommes super impliqués, nous faisons tout de manière exemplaire, puis vient un moment où, par faiblesse, nous faisons quelque chose contre nos nouvelles convictions. Je peux vous dire que ça n’a pas d’importance et que ça arrive. Nous sommes tous humains, nous ne sommes pas surhumains. Si vous êtes végétalien et que vous craquez pour un burger, cela ne veut pas dire que votre effort est vain et que c’est fini – pouf, vous n’êtes plus végétalien ! Non, c’est juste une faille. Et je pense qu’il est préférable de s’habituer à l’idée que cela peut arriver. Ce n’est pas assez grave pour que vous vous blâmiez et abandonniez le chemin. Mais précisément pour cela, il faut éviter les communautés trop radicales. Vous devez vous pardonner une déviation si 99% du temps vous faites les choses correctement.

6. Rester optimiste

Le passage par une période légèrement dépressive est un étape presque élémentaire quand nous devenons plus conscients de notre impact sur la planète. Nous traversons tous cette période. Pour l’éviter ou pour minimiser son impact sur notre bien-être, nous devons apprendre à voir de belles choses dans ce monde. Il est bon de trouver des sites Web contenant des enseignements positifs. Nous devons nous pencher sur le nombre de personnes qui participent activement à la création de marques entièrement écologiques. Bien sûr, on peut se sentir comme une petite goutte d’eau dans l’océan… Mais les gouttes d’eau sont également en mesure de créer d’énormes stalagmites. Pour maintenir notre santé mentale, il est formidable d’être entouré de personnes positives. Il faut aussi avoir d’autres intérêts que l’écologie… Et une soirée avec une bonne série ou une bonne lecture nous fera beaucoup plus de bien qu’un documentaire anxiogène sur un sujet que nous maîtrisons déjà à la perfection.

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