Il y a une semaine je suis sortie avec un ami. Il était en retard, car il n’arrivait pas à trouver une place de parking. J’étais donc assise en terrasse et au lieu de sortir mon téléphone – comme toute « personne normale » – pour consulter mes réseaux sociaux, j’ai décidé d’observer les gens. Ce n’est pas une tâche évidente. Je me suis sentie un peu comme une extraterrestre. Il est presque « mal vu » d’être posée en regardant autour de soi. La nouvelle « norme » sociale quand on est assis seul est de consulter notre téléphone, sinon on passe pour un « cinglé ». Quand j’ai croisé les regards des gens qui ont levé leurs yeux de leurs téléphones, j’ai eu l’impression de les surprendre en train de faire une chose « interdite ». Il y avait d’autres tables où des gens, pourtant accompagnés, regardaient leurs téléphones en permanence – par réflexe.

La dépendance au téléphone est socialement acceptable

Les applications sur smartphone sont conçues pour stimuler les décharges de dopamine. C’est une hormone du plaisir. Dès que la dopamine est libérée, nous avons un léger « hight ». Les applications travaillent sur notre cerveau comme les drogues, comme le chocolat, comme les cigarettes. Et contrairement à d’autres substances, le téléphone est toujours à portée de main. Nos téléphones vibrent constamment. C’est un « boost » permanent. Ce n’est pas notre faute – nos cerveaux adorent les choses qui nous rendent heureux et les entreprises savent s’en servir pour réaliser des profits. Le problème, c’est que personne ne nous dit de nous contrôler. Pourquoi le faire ? Cela ne fait de mal à personne… Et tout le monde le fait. Les autres dépendances ont des répercussions sociales plus visibles. Nos amis nous diront si l’on mange trop ou si l’on grossit. Le médecin nous dira que l’on fume trop… Mais le téléphone ? C’est tellement « normal » qu’il devient acceptable d’afficher notre dépendance.

Voici un lien vers article au sujet des dangers psychologiques (et écologiques) des réseaux sociaux

Utiliser les smartphones de façon plus « smart »

J’avoue que dans les temps modernes, il est difficile de vivre sans smartphone. Même si j’ai quelques amis qui considèrent que le téléphone ne devrait servir qu’à la communication et qu’ils utilisent de « vieux » téléphones mobiles. J’ai beaucoup d’admiration pour eux, mais je ne vais pas aller à l’extrême et vous dire d’abandonner les smartphones… Mais il faut tout de même d’apprendre à les utiliser de façon un peu plus « smart ».
Moi aussi, j’étais accro. Je suis humaine – mon cerveau sécrète de la dopamine comme tout le monde. J’ai quand même décidé d’arrêter ce court-circuit de dépendance et de reprendre le contrôle de mon « addiction ».

Voici les 6 moyens par lesquels on peut commencer à enrayer notre addiction au téléphone.

1. Supprimez le Messenger de Facebook.

Lorsque vous avez des connaissances dans différents pays et villes, Messenger est une solution facile pour se sentir proche d’elles. Sauf que parfois ce contact ne s’arrête à aucun moment. Je me suis rendue compte que je n’ai même pas trouvé « bizarre » de consulter des messages d’amis pendant que je marchais dans la rue ou quand j’étais avec d’autres amis, ou pire, lorsque j’étais censée travailler. En étant toujours « disponible » sur mon téléphone, mon cerveau était aussi toujours en alerte et constamment « éveillé ».
Retirer Messenger m’a semblé être un acte très « radical », mais j’ai ressenti du soulagement le jour-même. Mon téléphone n’a pas vibré une seule fois et j’ai pu découvrir mes messages en fin de journée sur mon ordinateur – lorsque j’ai décidé que c’était le meilleur moment pour le faire.

2. Supprimez toutes les notifications des réseaux sociaux.

La façon la plus importante de se détacher de notre addiction est de ne pas laisser notre téléphone nous rappeler son existence. Pour cela, il faut désactiver toutes les notifications de chaque application. C’est un peu chiant – il faut entrer dans chaque application, trouver et cocher la case « ne pas envoyer de notifications ». Mais ça vaut la peine, car chaque petit « bip » que l’on reçoit est en réalité quelques minutes que nous allons passer sur notre téléphone. Dès que la dopamine nous frappe, nous avons du mal à nous concentrer sur la chose qu’on était en train de faire… Nous restons donc sur notre téléphone quelques minutes supplémentaires, jusqu’à la « descente ».

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3. Supprimez les applications.

Je sais qu’il y en a tellement – et la mémoire de notre téléphone est si puissante – pourquoi nous limiter ? Avouez – combien d’applications pour faire du sport avez-vous sur votre téléphone ? Moi, j’en avais une dizaine… Et je m’en suis servie de deux – à deux reprises, peut-être. Les applications pour notre cerveau sont comme une chambre remplie de jouets avec un enfant de 3 ans… Essayez de passer un moment de qualité et de calme avec un gamin qui a une chambre remplie de jouets. Notre cerveau réagit de la même façon face aux applications disponibles. Pourquoi lire ? Pourquoi parler avec quelqu’un ? Pourquoi faire des choses « chiantes » si il y a tellement de gadgets sur notre téléphone ?
Il y a un « point positif » : si un ami vous saoule, posez-lui une question qui nécessite l’utilisation d’une de ses applications. Avant de trouver la bonne et avant qu’il ne se souvienne de son fonctionnement, il vous laissera tranquille pendant un petit moment.

4. NE JAMAIS consulter votre téléphone lorsque vous êtes avec quelqu’un

C’est une règle de courtoisie de base – mais plus personne ne l’applique. Ok, si nous attendons un appel important – nous pouvons le dire au début de la rencontre et prévenir les amis que nous laissons le téléphone à portée parce que… c’est très important… Mais si vous vérifiez votre téléphone dès qu’il y a une notification, c’est très déstabilisant pour la personne avec qui vous êtes… Le plus triste est que nous sommes déjà tellement accros à nos téléphones que nous n’y prêtons plus attention – parce que nous le faisons tous…
Ce qui est drôle : nous acceptons de mettre notre téléphone en mode silencieux au cinéma pour respecter les autres spectateurs, mais nous ne respectons pas nos amis avec qui nous discutons. Voilà pourquoi, personnellement, je ne suis pas contre les dîners et les apéros où l’on met les téléphones dans un panier. Cela peut choquer au début, mais vous verrez que ce n’est pas une mauvaise idée.

5. Arrêtez de prendre des millions de photos.

Mon appareil photo dans mon téléphone s’est cassé il y a un an et c’est impossible à réparer. J’ai ressenti le besoin d’avoir un téléphone avec option « photo », parce que l’on a tous pris l’habitude de documenter notre vie toutes les 5 minutes ! Malgré mon grande envie, j’ai résisté et je n’ai pas acheté de nouveau téléphone, car j’ai un appareil photo reflex de super qualité… Et j’ai appris à vivre sans prendre des dizaines de photos de rien du tout. Cela m’a permis pour la première fois de bien vivre chaque moment. Car dorénavant, au lieu de faire une photo de chaque situation agréable, je décide de la vivre et de la « graver » dans ma mémoire. J’en garde plus de souvenirs depuis que je me suis détachée de ma manie de jouer au « touriste japonais » de ma vie.
Ceci dit c’est un autre bon moyen de les faire taire si jamais ils nous saoulent. Il suffit de demander de voir une photo de leurs vacances d’il y a 6 mois – l’effet silence est garanti : l’ami va se taire, car il a des milliers de photos à dérouler.

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6. N’achetez pas de nouveaux téléphones.

C’est un truc incontournable pour lutter contre l’addiction. Dès que votre téléphone ralentit légèrement ou que l’écran n’est pas aussi sensible qu’il l’était avant, au lieu de le jeter et de le changer pour un nouveau modèle, réparez et gardez votre ancien téléphone. Vous serez surpris de son temps de survie dès lors que l’on commence à le réparer.

Chaque jour dans le monde, on achète 6 millions de téléphones mobiles, et j’imagine que l’on en jette autant. Le téléphone n’est pas un objet recyclable – il augmente donc la pollution mondiale. De plus, pour créer des smartphones, nous avons besoin de métaux rares dont les mines se trouvent dans les pays du Tiers-monde. Et ces pays ne se soucient pas de la qualité de vie et de travail de leurs employés. Ils exploitent aussi souvent des enfants. Ainsi, chacun de nos téléphones est en partie composé de la sueur et parfois du sang de gens qui travaillent dans des conditions barbares. Notre téléphone peut en réalité coûter une vie humaine ! Finalement, le garder 2 ans de plus, même s’il faut le réparer ce n’est pas une si mauvaise idée, non ?

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Si vous avez d’autres conseils pour lutter contre notre addiction au téléphone, laissez un commentaire. On a tous besoins de bonnes astuces pour pouvoir se détacher de ce mode de consommation.

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