4 règles de minimalisme apprises lors de mon burn-out
4 règles de minimalisme apprises lors de mon burn-out
4 règles de minimalisme apprises lors de mon burn-out
4 règles de minimalisme apprises lors de mon burn-out

Je ne suis pas du tout fan de la « philosophie » positive de la vie, et je ne pense pas que chaque expérience vécue doit nous apprendre des leçons précieuses. Au contraire, il y a des choses que nous aurions préféré ne pas vivre et pourtant elles nous arrivent. Cependant, je suis heureuse qu’un burn-out me soit arrivée.

Si vous avez un moment, je vous recommande de lire le livre « Stand Firm » (je l’ai lu en anglais, je ne sais pas si une version française existe) de Svend Brinkmann, un professeur danois de psychologie. Son livre d’une centaine de pages est presque la quintessence de mes réflexions, j’ai eu un frisson de plaisir à le lire. Mais pour résumer, Brinkmann explique que nous vivons dans une société qui exige de nous un changement incessant. Déjà, pour commencer, nous avons l’obsolescence programmée qui signifie que nous sommes obligés de changer les choses matérielles qui nous entourent. Mais le plus grand bouleversement dans notre société, c’est le devoir d’être en constante évolution en tant qu’êtres humains. On DOIT toujours évoluer, être meilleur, être plus intelligent. Dans le travail on nous demande toujours d’apprendre de nouvelles choses, de suivre de nouveaux cours. Et tout ça en restant très positif, car ce que l’on doit faire en même temps, c’est de trouver le bonheur dans notre vie (!). Et il faut trouver ce bonheur dans le moment présent – donc on doit se concentrer uniquement sur les choses qui sont bonnes et positives. Et dès que nous n’arrivons pas à les faire, à vivre « dans le présent » – on se dit que le problème est en nous… et probablement on doit changer… De cette façon le cercle vicieux commence et on ne ne peut plus s’arrêter de « s’améliorer ».

Il n’y a pas de mesure à la vie « parfaite » à laquelle nous devons nous comparer

Moi aussi, j’ai passé ma vie dans la course à la réalisation de soi. Je n’avais aucune idée dans la façon de faire, alors j’ai essayé plusieurs choses. J’ai toujours eu l’impression de courir sans savoir pourquoi et même mon cerveau essayait de me dire que je tournais en rond, en réalité. Et mon burn-out est tombé sur moi d’une manière imprévisible. Je me suis séparé d’un homme avec qui j’ai passé presque une dizaine d’années avec qui on a eu une entreprise ensemble et j’ai dû recommencer ma vie à zéro. À côté de cela, à cause du stress prolongé, mon corps m’a littéralement « lâché ». On m’a diagnostiqué une maladie auto-immune. Et les premiers moments ont été très difficiles – car non seulement j’apprends que mon corps, s’il le décide, peut pousser cette maladie vers sa version dangereuse qui peut me tuer en quelques années. D’autre part, la maladie a engendré un état d’immense fatigue.

Tout à coup, moi, une personne que l’on pouvait qualifier de super ambitieuse, active, qui n’avais jamais eu froid aux yeux, je me retrouve sans aucune force pour agir, à me poser cette question : comment vais-je continuer ma course vers la « réalisation de soi » à présent ? Mais aussi : comment puis-je me réaliser si je n’ai pas plus d’une décennie à vivre ? Et puis, j’ai remarqué l’absurdité de ma pensée. Nous avons tous l’impression que nous devons réaliser notre vie comme si c’était l’étape d’un jeu à passer… Mais en fait… nous sommes tous mortels… Combien d’entre nous courent parce que nous savons que nous devons courir, mais nous n’avons aucun plaisir dans cette course ? Au contraire, cela nous rend fatigués et déprimés. J’ai une révélation à partager avec vous : nous n’avons pas à « réaliser » notre vie. Il n’y a pas de mesure à la vie « parfaite » à laquelle nous devons nous comparer. C’est nous qui décidons ce qui rend notre vie parfaite, personne d’autre.

J’imagine que pour beaucoup d’entre vous, le confinement a peut-être apporté les mêmes réflexions. Un virus nous rappelle que nos vies sont fragiles. On nous dit qu’il faut nous arrêter… Mais en réalité, nous ne pouvons plus nous arrêter, n’est-ce pas ? Combien d’entre vous ont décidé d’apprendre une langue, de faire des choses, de suivre un cours. Nous ne pouvons pas nous arrêter – même si le monde nous dit de le faire. Il est peut-être temps de nous demander ce qui compte pour nous.

Voici ce que je pense après un avoir vécu mon burn-out :

1) Nous n’avons pas besoin de grand-chose.

Avant mon burn-out, j’étais tourné vers la poursuite des choses que la société semblait valoriser : une bonne éducation, une carrière, une bonne position sociale et, bien sûr, l’argent qui suit tout cela. J’ai voyagé dans le monde, j’ai séjourné dans les plus beaux palaces. Je faisais ce que les gens considèrent comme des « réalisations » et pourtant je sentais un vide (et je me sentais épuisée). Quand j’ai commencé à penser à ce dont j’avais vraiment besoin, j’ai réalisé que j’avais besoin d’autres choses que ce que la société nous impose. En réalité, j’ai seulement besoin d’être dans la nature, de lire, d’être entouré de quelques personnes proches. J’avais besoin de calme et de sérénité.

2) Notre temps est précieux.

Avez-vous déjà compté le temps que vous passez au travail pour finalement acheter des gadgets ? Je ne dis pas qu’il faut arrêter de travailler, parce que nous ne pouvons pas, nous devons travailler pour payer tous nos besoins. Mais nous payons aussi pour des choses dont nous n’avons pas vraiment besoin. Vous vous dites : oh, ça va, mon nouveau téléphone ne m’a pas coûté autant d’heures de travail ! Mais vous oubliez que ce n’est souvent pas seulement le temps que l’on passe au travail, mais aussi le temps qui le suit dont il est question. Nous rentrons chez nous fatigués, stressés. Ce qui nous stresse, ce n’est pas le travail en lui-même, mais c’est surtout notre mode de vie. Nous prenons des crédits pour acheter des appartements, nous achetons des gadgets, nous achetons des voyages, des vêtements chers. Et tout à coup, nous commençons à avoir super peur – parce que si nous n’obtenons pas notre prime, notre monde va s’effondrer. Notre « vie » nous coûte tellement cher que nous faisons pression sur nous-mêmes pour gagner encore plus. Tout ce qui nous arrive dans notre lieu de travail nous stresse pour toute la journée. Avant le prochain achat, il faudrait se poser la question : est-ce que cela vaut le temps de ma vie ?

3) Le société nous impose des choix.

Si nous devons nous demander pourquoi on a acheté cette maison, cette voiture, tout ce que l’on possède, on dira que cela nous rend « heureux ». On a vraiment l’impression que tous ces objets ont été choisi parce que l’on souhaite être heureux. Nous acceptons donc un nouvel emploi avec plus de responsabilités, plus de stress, plus de temps passé au bureau et on rentre chez nous fatigué – parce que l’argent que nous gagnons et les choses que nous achetons nous rendent heureux. Et nous disons tous : c’est juste pour quelques années, puis je pourrai ralentir. Ou bien : je vais me reposer quand je serai à la retraite. C’est bien, mais comment savoir si nous allons vivre jusqu’à notre retraite ? Il est rare que nous ayons la « chance » de réaliser que notre temps est limité. En ce moment je croise les doigts, ma maladie ne va pas dans la mauvaise direction, mais avoir la chance de réaliser que ma vie peut être plus courte que je ne l’avais « prévu » a été une aubaine. J’ai pu réaliser que la plupart des choses que nous achetons ne viennent pas de nos choix. Nous voulons acheter des choses parce que la société nous dit que nous devrions les vouloir. Mais si l’on pense bien : la société n’est qu’une somme d’individus comme nous – et qui sont tous mortels. Qui a pris la décision de nous dicter ce qui est nécessaire pour être heureux ? Qui décide de ce que nous devrions acheter avec notre argent ? Ma maladie m’a fait réaliser que tout ce que je veux vraiment faire est d’avoir beaucoup de temps pour lire. Qui sait si je vais vivre jusqu’à ma retraite ? Demandez-vous : si on vous dit que vous avez quelques années à vivre, qu’allez-vous faire ? Passer encore plus de temps au travail ? Acheter une nouvelle voiture ? Ou enfin penser à ce qui compte vraiment pour vous ?

4) Le temps passé ensemble compte plus que les choses que l’on achète.

Vous savez pourquoi nous gardons de bons souvenirs de notre jeunesse et des amitiés de cette période ? Parce que tout ce que nous avions à nous offrir, c’était notre temps, notre personnalité et notre amitié. Maintenant, nous nous sentons obligés de voir nos amis dans de grands restaurants, nous faisons des dîners avec de grandes bouteilles de vin. (Je ne le dis pas, c’est agréable d’aller dans un restaurant chic… et une bonne bouteille de vin est toujours un plaisir). Tout devient pompeux, artificiel, stressant. Même avec des amis que nous connaissons depuis « toujours ». Or, on n’a pas « besoin » de les impressionner. Malgré tout, nous pensons que pour montrer que nous les apprécions, nous devons leur offrir de meilleures choses. Avec la fatigue liée à mes problèmes de santé, j’ai eu des moments où j’ai annulé des sorties avec mes amis. Mais ils savaient tous qu’ils puissent passer chez moi dès qu’ils le voulaient. Et ça change les relations entre nous. Ça vous êtes arrivé d’avoir des amis à l’improviste récemment ? J’ai commencé à aimer ces situations, surtout que, bien sûr, très souvent quand nous avons des amis à l’improviste – c’est le jour où nous oublions d’aller faire des courses. Et là, on se retrouve à manger des pâtes avec la sauce la plus basique. Et ce sont les meilleures soirées que nous passons ensemble parce que tout l’artifice tombe. Nous sommes dans la cuisine à préparer nos pâtes – et là de nouveau, nous sommes dans une situation où tout ce que nous pouvons nous offrir c’est notre temps, notre personnalité et notre amitié.

Print Friendly, PDF & Email