Au cours des dix dernières années, il y a une tendance qui s’est accentuée – si nous pensons « vacances » nous pensons nécessairement : l’avion, la destination lointaine, les photos sur Instagram. Il y a des gens qui connaissent les pays de l’Asie du Sud-Est mieux qu’ils ne connaissent la France.

J’ai voyagé un peu dans ma vie. J’ai passé quelques années avec une personne qui avait besoin d’aller loin pour se sentir heureuse. Et que ne faisons-nous pas si nous aimons quelqu’un ? Je peux vous dire que de mon côté, je n’ai pas eu besoin d’aller aussi loin pour être vraiment heureuse. Pire encore : la personne en question n’a jamais trouvé son « bonheur » recherché… Et pendant ce temps, nous avons réussi à laisser une belle empreinte carbone derrière nous.

Voyages – le problème d’ego

N’est-ce pas la même chose pour beaucoup de gens ? Le voyage devient un « gadget » que l’on achète pour se sentir mieux, pour booster notre « ego »… Et les coûts environnementaux sont trés élevés. L’aviation est responsable de 2% des émissions de CO2 – c’est le même pourcentage que la pollution créée par Allemagne, 5% des émissions de gaz à effet de serre. Si nous continuons avec la même croissance, dans 30 ans, la moitié de l’énergie mondiale ira au tourisme aérien.

En fait, si vous voulez visiter de beaux endroits, vous n’avez pas à parcourir des milliers de kilomètres. Si vous voulez vous reposer et passer du temps de qualité, vous n’avez pas à passer 10 heures dans l’avion. Croire que nous serons mieux si nous sommes loin revient à renverser le problème. Si nous ne nous sentons pas bien dans nos vies, le changement radical du paysage ne changera rien. Les vacances « locales » en version « lente » peuvent nous donner beaucoup plus d’enrichissement personnel que n’importe quelle destination « de rêve ».

Les avantages des vacances « lentes » et « locaux»:

1) Notre cerveau va devenir créatif.

Ne rien faire, c’est l’art que chacun de nous devrait maîtriser. Nous vivons dans le monde de la performance. Même nos vacances deviennent une « mission à accomplir ». Nous ne savons pas comment nous arrêter. Mais il s’avère que c’est quand on « ne fait rien » que notre cerveau est le plus actif et créatif. En 1998, Marcus Raichle, qui mène des recherches sur l’IRM, a découvert que lorsque les gens se concentrent sur leur tâche et réfléchissent à des solutions de façon très structurée et « constructive », leur activité cérébrale diminue au lieu d’augmenter (contrairement à ce à quoi on pourrait s’attendre). Le plus impressionnant, c’est qu’une fois que les sujets de recherche ont pu se détendre et ne rien faire, c’est précisément le moment où leur cerveau s’est enflammé. Ce phénomène a été appelé « mode par défaut du cerveau ». Lorsque nous laissons notre cerveau se reposer, nous activons son mode créatif. Et si nous surchargeons notre cerveau avec les stimulations nous devenons contre-productifs. Savoir s’arrêter nous permet aussi de redécouvrir les priorités de notre vie et mieux affronter les obstacles.

2) On grave des souvenirs avec du parfum.

C’est un peu l’histoire de la madeleine de Proust, mais le parfum est très important pour créer nos souvenirs. Passer beaucoup de temps dans un endroit fait que le parfum que l’on sent là-bas imprimera tous les souvenirs de ce que l’on a pu y vivre. Puis, à l’avenir, il suffira de sentir le parfum, brièvement, par accident, pour être transporté dans nos souvenirs de cet endroit. Personnellement, j’ai presque l’impression que trop de stimulations visuelles coupent mon odorat. C’est comme si mon cerveau utilisait toutes ses ressources pour analyser tout ce qu’il voit et n’avait pas le temps d’enregistrer les parfums qui m’entourent. Je n’ai aucun souvenir olfactif d’une destination lointaine. Un souvenir olfactif est un grand allié contre le stress et des crises d’angoisse. Il suffit de trouver un huile essentiels avec le parfum qui nous rappelle des vacances, de le mélanger avec de l’huile d’amande douce (50 gouttes d’huile essentielle pour 50 ml d’huile d’amande douce) et de l’appliquer sur les poignets lorsque le stress arrive, son effet calmant vous surprendra.

3) On apprend à être ensemble.

Nous pouvons passer notre vie près de quelqu’un et ne jamais vraiment être « ensemble ». Nous ne nous rendons pas compte que parfois, dans la vie, nous commençons à nous croiser, nous vivons dans le même appartement et nous ne trouvons pas de temps pour nos proches – parce que nous avons toujours de plus grandes obligations. Mais rien n’est plus important que de partager des moments avec ceux qui comptent pour nous. Voyager loin, là où nous avons beaucoup à faire, que nous considérons comme une autre « mission à accomplir » ne nous rapproche pas non plus. Même s’il est difficile dans la vie quotidienne de trouver du temps les uns pour les autres, faisons-le pendant les vacances. Parfois, nous voyageons juste parce que nous avons perdu l’habitude d’être proches et on préfère passer des vacances surchargés en événements et déplacements pour ne pas rester seul à seul. Les vacances devraient être un moment pour nous rapprocher, pour nous rappeler de nous apprécier et de nous aimer. Et pour nous rappeler avec qui on partage ma vie.

4) Nous apprenons à oublier notre ego.

Vous me direz « pourquoi ne pas faire toutes ces choses énumérées ci-dessus en Grèce, par exemple ». Oui, bien sûr, nous pouvons essayer d’avoir des vacances « lentes » ailleurs – mais d’abord, nous devons nous demander « pourquoi est-ce que je veux y aller ? ». Pourquoi créer une empreinte carbone catastrophique ? Très souvent c’est la question de l’ego. Pouvoir se reposer en Grèce nous fait nous sentir « mieux ». Nous nous comparons aux autres, à notre vie d’avant – mais tout cela ne rend pas les vacances paisibles. Plus nous nourrissons l’ego, moins nous trouvons la paix intérieure. De plus, lorsque nous sommes dans une destination considérée comme le « paradis », nous nous forçons à être toujours heureux… puisque nous sommes déjà si loin, puisque nos vacances doivent être « idéales ». Si notre chéri se fait dévorer par les moustiques toute la nuit – et il sera grincheux toute la journée – en Grèce, nous risquons de le blâmer de « ruiner » notre séjour qui est censé être « idéal »… Et si nous sommes dans une destination plus accessible, nous le laisserons faire une sieste pendant la journée pendant que nous lisons un livre. Ainsi, malheureusement, nous ne serons jamais vraiment détendus en passant des vacances dans des destinations lointaines, parce que notre ego nous empêchera de l’être.

Et vous ? Et vous prêtes de passer des vacances en version « slow » et « locale » ? N’hésitez pas à laisser un commentaire.

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